
Heureuse en amour…
Ce n’est pas possible! Elisa vient de sortir de prison, et elle est déjà complètement fauchée. Comment a-t-elle pu tomber aussi bas? Bien sûr, elle s’est lancée dans des spéculations immobilières très risquées. Sans beaucoup réfléchir, elle a acheté des maisons ici et là, mais pas engrangé beaucoup de loyers. Puis elle a construit un hôtel, pas très bien situé. L’exorbitante facture de la compagnie d’électricité a fini de l’achever. Elle soupire.
«Allez, donne-moi le dé», lui sourit Tim en lui tapant l’épaule. «Le jeu n’est pas encore fini.» Demain, les quatre colocataires vendront aux puces tout ce qu’ils ont accumulé pendant des années. Avant de voler de leurs propres ailes et de liquider tout, même leur collection de jeux, ils se sont tous réunis pour une dernière partie de Monopoly empreinte de nostalgie.
Bien sûr, ce n’est qu’un jeu. Mais Elisa est un peu énervée de perdre. «Vous savez quoi?», dit-elle, «je vais vite au bancomat aller chercher de l’argent pour demain». Aussitôt dit, aussitôt fait. «Malheureuse au jeu, heureuse en amour!», se répète-t-elle en chemin. Car si les colocataires se séparent, c’est parce qu’elle se marie avec Tim dans deux mois. Le bancomat crache 300 francs en petites coupures.
«Ton futur mari a perdu juste après toi!», lui crient les autres lorsqu’elle se rassied. «Il a d’abord dû payer ses impôts, et au tour suivant, il a atterri sur la Place Saint-François à Lausanne. Ça promet, tous les deux, avec votre sens des affaires désastreux!» Tim hausse les épaules. Avec Elisa, il trie les maisons, les cartes chance et les billets dans la boîte, afin que tout soit impeccable pour la vente. «L’argent ne fait pas le bonheur», murmure-t-il. «Et pourquoi pas?», dit Elisa, en retirant un billet de vingt francs de son sac pour le glisser parmi les billets du Monopoly. «On parie que les nouveaux propriétaires se réjouiront de cette surprise lorsqu’ils utiliseront pour la première fois notre Monopoly?»
Dans l’anecdote «Bancomat», nous racontons de petites histoires du quotidien de nos clientes et clients. «Bancomat» paraît deux fois par an dans le magazine clientèle «ValOr».

