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Le professeur François Höpflinger, spécialiste du vieillissement, explique comment vieillir en conservant son autonomie.
Prévoyance

Vieillir en toute autonomie

Le professeur François Höpflinger, spécialiste du vieillissement, explique comment vieillir en conservant son autonomie.
ValOr-23.09.2026|7min
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Si l’on souhaite se donner les meilleures chances de mener une vie autonome à un âge avancé, il faut prendre des dispositions suffisamment tôt, garder l’esprit ouvert et entretenir ses relations. Le vieillissement n’est pas une fatalité, car on peut influer sur ce processus, comme le souligne le professeur François Höpflinger, spécialiste du vieillissement. 

François Höpflinger, à partir de quand est-on vraiment vieille ou vieux?
Officiellement, en Suisse, la vieillesse commence à l’âge de la retraite, soit 65 ans. Mais si l’on interroge les personnes âgées elles-mêmes, cette limite recule nettement. Beaucoup affirment que l’on est vraiment vieux seulement à 80 ans, ou encore après. Certes, le corps vieillit, mais sur le plan mental et émotionnel, beaucoup ne se sentent pas vieux avant longtemps.

Quel est le niveau de satisfaction des personnes âgées en Suisse?
Depuis des décennies, les études font état d’un niveau de satisfaction dans la vie qui reste élevé. L’une des raisons est que les priorités changent : le statut social, la carrière et les biens matériels perdent de leur importance. De plus, les personnes âgées en Suisse se portent bien par rapport à la moyenne internationale. Et bien sûr, les progrès considérables réalisés dans les domaines de la médecine et de la prévention ont un impact très positif.

Et pourtant, beaucoup ont une certaine crainte de vieillir. Qu’est-ce qui inquiète le plus?
C’est la peur de la démence et de la perte d’autonomie qui est la plus marquée. Beaucoup peuvent s’accommoder de limitations physiques, mais très peu de la perte du contrôle de leurs facultés mentales. À partir de 80 ou 85 ans, on prend davantage conscience que la fin de la vie approche, surtout lorsque des proches du même âge décèdent.

Quels sont les facteurs déterminants pour une vieillesse heureuse?
Tout d’abord, la sécurité financière, car elle offre une marge de manoeuvre et atténue les inquiétudes. Deuxièmement, des relations sociales stables, même si celles-ci évoluent avec le temps. Les contacts avec les personnes du même âge diminuent peutêtre, mais ceux avec les petits-enfants, les voisins ou les personnes aidantes prennent de l’importance. Troisièmement, une attitude intérieure positive est importante. Quand on accepte que tout n’est plus possible comme avant, on vit plus sereinement. Et quatrièmement, une ouverture d’esprit face à la nouveauté, car de nombreuses activités quotidiennes, depuis les opérations bancaires jusqu’aux discussions en famille, se déroulent aujourd’hui également en ligne. La technologie peut aussi aider à rester autonome: appareils auditifs, déambulateurs modernes ou encore offres culturelles virtuelles et sites de rencontre ouvrent de nouvelles perspectives.

Que devraient faire concrètement les personnes autour de la cinquantaine?
Planifier à l’avance et agir en temps utile, pas juste avant le départ à la retraite. La prévoyance financière doit être réaliste, car beaucoup sous-estiment les lacunes de revenus à la retraite. La situation en matière de logement doit aussi être examinée: la maison sera-t-elle encore adaptée à 80 ans? Les adaptations ou un déménagement se passent mieux lorsqu’ils sont entrepris en toute liberté plutôt que dans l’urgence. 

 

«Notre économie est forte, le niveau de revenus est élevé et la culture de prévoyance et d’épargne est très marquée.» 

 

Rester active ou actif sur les plans physique, mental et social est l’un des facteurs de protection les plus efficaces. Bouger, apprendre de nouvelles choses, s’engager socialement ou faire du bénévolat renforce les ressources personnelles et donne un sens à la vie. Enfin, il est utile de prendre très tôt contact avec des réseaux fiables dans son quartier ou des projets intergénérationnels, et d’utiliser les services de conseil et d’aide proposés. L’indépendance ne signifie pas tout faire tout seul.

Une question personnelle: vos connaissances sur le vieillissement ont-elles une incidence sur votre propre vie?
Étonnamment peu: les connaissances de spécialiste et l’action personnelle sont deux choses différentes. On sait beaucoup de choses, mais on ne les met pas systématiquement en pratique. C’est pourquoi il est important de mettre en place dès le début des structures qui vous soutiennent lorsque votre motivation vient à faiblir. 

 

Prof. Dr. François Höpflinger.
François Höpflinger est professeur émérite de sociologie et membre de la direction académique du Centre de gérontologie de l’université de Zurich. Bien qu’il ait atteint l’âge officiel de la retraite, il continue de mener des recherches actives sur les questions liées à l’âge et aux générations. (Photo: màd).

 

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